Quand vous recevez une facture fournisseur, la loi vous impose des obligations précises : des délais de paiement à respecter, une procédure formelle si vous souhaitez la contester, et des règles d'archivage. Ce guide couvre chaque étape, du point de vue de l'acheteur.
Dans le circuit électronique, chaque changement d'état est déclaré à votre fournisseur via la Plateforme Agréée. Le cycle se déroule en quatre étapes.
Votre PA collecte la facture. Elle apparaît dans votre logiciel à vérifier.
Vous contrôlez les mentions, les montants, la cohérence avec votre commande.
Vous validez la facture. Un statut d'acceptation est transmis à votre fournisseur.
Vous contestez avec un motif obligatoire. Votre fournisseur doit corriger ou émettre un avoir.
Une fois le paiement effectué, vous le déclarez. Votre fournisseur reçoit la confirmation.
Important : dans le circuit Factur-X via Plateforme Agréée, chaque statut (accepté, refusé, payé) est transmis au fournisseur via la PA. Ce n'est pas une simple action locale dans votre logiciel — votre fournisseur en est notifié automatiquement.
Une facture doit comporter des mentions obligatoires pour être légalement valable. Vérifiez ces 8 points avant de valider.
Identité du fournisseur
Raison sociale, adresse, SIRET, numéro de TVA — cohérents avec ce que vous connaissez.
Votre identité en tant qu'acheteur
Votre raison sociale et adresse sont correctement renseignées.
Numéro de facture
Unique, séquentiel côté fournisseur. Pas identique à une facture précédente.
Date d'émission et date d'échéance
Vérifiez que l'échéance est cohérente avec votre accord commercial.
Montants HT, TVA et TTC
Cohérents avec le devis ou la commande passée. Taux de TVA applicable correct.
Désignation des prestations ou biens
Correspond à ce qui a été réellement commandé et livré ou réalisé.
Conditions de paiement
Délai de paiement et taux de pénalités de retard mentionnés.
Coordonnées bancaires (RIB)
Vérifiez l'IBAN avant de payer — les fraudes au faux RIB ciblent ce point.
Pour la liste complète des mentions obligatoires qu'un fournisseur doit faire figurer sur sa facture, consultez notre guide mentions obligatoires sur une facture.
Dans le circuit électronique, accepter une facture envoie automatiquement un statut de validation à votre fournisseur via la Plateforme Agréée. Il reçoit la confirmation que sa facture est reçue, vérifiée et approuvée par vous — sans qu'il ait besoin de vous relancer pour savoir si elle est "bien arrivée".
Non, l'acceptation formelle n'est pas une obligation légale à chaque facture. En revanche, l'absence de toute action peut, dans le temps, être interprétée comme une acceptation implicite. Et si vous souhaitez contester une facture, vous devez le faire explicitement — ne rien faire n'équivaut pas à un refus.
Accepter ne vaut pas paiement. Un statut d'acceptation confirme à votre fournisseur que sa facture est valide — pas qu'elle est réglée. Le paiement reste une étape séparée, soumise aux délais légaux détaillés ci-dessous.
Le refus d'une facture est une démarche formelle, pas un désaccord oral. Elle doit comporter un motif et déclencher une correction de la part du fournisseur.
Vous transmettez un statut de refus formel via votre logiciel (qui l'envoie à la Plateforme Agréée).
Vous indiquez un motif explicite et obligatoire : c'est une exigence du circuit Factur-X, pas une formalité optionnelle.
Votre fournisseur reçoit le refus et doit émettre une facture corrigée ou un avoir. Ce n'est pas un désaccord informel : la facture originale est formellement rejetée.
Agissez rapidement. Il n'existe pas de délai légal précis pour refuser une facture reçue électroniquement, mais le principe de bonne foi commerciale s'applique. Laisser une facture sans réponse pendant plusieurs semaines avant de la refuser peut fragiliser votre position en cas de litige.
L'article L441-10 du Code de commerce impose des délais de paiement stricts dans les relations B2B — que vous soyez acheteur ou vendeur.
| Situation | Délai maximum légal | Base légale |
|---|---|---|
| Aucun accord particulier entre les parties | 30 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou de la date de réception des biens/exécution de la prestation si elle est postérieure | Art. L441-10 I Code de commerce |
| Accord écrit explicite entre les parties | 45 jours fin de mois OU 60 jours nets, au maximum | Art. L441-10 I Code de commerce |
| Secteurs avec règles dérogatoires (transport, agroalimentaire, etc.) | Délais spécifiques selon le secteur | Art. L441-11 et suivants Code de commerce |
Le délai de 30 jours court à compter de la date d'émission de la facture. Si la livraison ou l'exécution de la prestation intervient après cette date, c'est la date de livraison/exécution qui fait foi pour le départ du délai.
Pour bénéficier d'un délai étendu (45 jours fin de mois ou 60 jours nets), l'accord doit être explicite, écrit et ne pas constituer une pratique abusive imposée par l'acheteur. Un délai supérieur à 60 jours nets est illégal même par accord contractuel.
Les pénalités de retard s'appliquent de plein droit, sans mise en demeure, dès le premier jour de dépassement du délai légal.
Taux minimum légal : 3 fois le taux d'intérêt légal en vigueur, publié chaque semestre au Journal officiel (art. L441-10 II du Code de commerce).
En pratique, votre fournisseur peut appliquer un taux supérieur s'il est stipulé dans ses conditions générales de vente — souvent le taux de refinancement de la BCE majoré de 10 points.
Dès le premier jour de retard, votre fournisseur peut vous réclamer 40 € par facture au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement (art. D441-5 du Code de commerce).
Cette indemnité est due automatiquement et ne peut pas être négociée après le fait. Elle s'ajoute aux pénalités de retard.
Pas de mise en demeure nécessaire
Contrairement à d'autres types de créances, les pénalités de retard B2B s'appliquent automatiquement et de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans que votre fournisseur ait à vous envoyer un courrier recommandé ou une relance formelle. C'est le point de vue inverse de celui de votre propre activité : consultez notre guide délais de paiement et pénalités de retard pour comprendre ce que vous pouvez réclamer à vos propres clients.
6 ans
Obligation fiscale
Article L102 B du Livre des procédures fiscales
10 ans
Obligation comptable
Article L123-22 du Code de commerce
En pratique, conservez vos factures fournisseurs pendant 10 ans pour couvrir les deux obligations à la fois, sans avoir à gérer deux durées différentes.
Format Factur-X : les factures reçues au format Factur-X (PDF/A-3 avec données XML structurées embarquées) garantissent l'intégrité et l'authenticité du document nativement — condition exigée pour une conservation électronique probante. Vous n'avez pas besoin d'imprimer ces factures pour les archiver valablement.
Un PDF ordinaire reçu par email ne dispose pas de garantie d'intégrité native. Si vous l'archivez uniquement sous forme de fichier numérique, assurez-vous de conserver l'email original ou de le stocker dans un système horodaté.
Pilotez vos factures électroniques fournisseur directement dans le module Achats de ClariPro, acceptez ou contestez en un clic,
marquez-les comme payées — chaque action est transmise automatiquement à votre fournisseur.
Votre historique reste traçable, sans feuille de calcul ni email perdu, ClariPro vous permet de garder le contrôle sur votre facturation fournisseurs et vos délais de paiement.
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Sources officielles
Dernière vérification : juillet 2026.